ATELIER

A l’intérieur de l’atelier, Patrice Rosso, trace les épures, sculpte la pierre et révèle la roche. C’est par l’expérimentation de son corps qu'il est devenu sculpteur. La pratique et la discipline du geste sur la pierre ou le marbre engage, tout l’être, dans un flux méditatif. Les roches sculptées sont choisies pour leur polarité et composition chimique principalement de calcium et de silice. Il dit que son travail est un dialogue avec la matière qui chemine vers une rencontre... un rendez-vous. Et il ajoute aussi que chaque création a nécessité une vie de préparation, à ne pas faire résistance au passage de l’information intérieure.

DES SCULPTURES PERSONNALISÉES

Une date et un lieu de naissance deviennent la base d'une géométrie de la création d'une assise, ou d’un dispositif (d’un parcours de jardin, d’une sculpture personnalisée nomade ou pas) ou d’une installation.

GÉOMÉTRIE

L’alliance entre les connaissances de géométrie issue du mouvement du soleil et l’excellence du métier de sculpteur détermine l’efficacité et la beauté de ces sculptures. À l'intérieur ou à l'extérieur, la beauté d'être...

Il utilise des outils géométriques qui structurent sa création artistique. La géométrie est une interface entre la conception et la mise en oeuvre de la matière. C’est une géométrie opérative déterminée par une unique matrice, le choix de nombres et de mesures. Oui, la géométrie, ça crée...

Par exemple, à la base de la création de chaque assise, réside des tracés régulateurs de cercles. Ces cercles dessinés en plan s’élèvent dans l’espace pour créer le volume de l’assise et génèrent proportionnellement les formes.

VANITÉS

Le sens second du mot «assise» est de faire le procès du processus de transformation de la vie, c’est à dire entretenir intimement une écoute à soi-même pour convoquer le pouvoir de l’être et de la présence… avec humilité. C’est pourquoi Patrice Rosso vous propose de vous asseoir sur des vanités.

ÊTRE ASSIS

A partir de son plus jeune âge, Patrice Rosso a esquissé des projets d'assises et d'installations pour faire l’expérience de s'asseoir et de sentir le corps dans toutes ses parties. Sentir les pieds, les chevilles, les genoux, les cuisses, le bassin, le sexe,  le ventre, le thorax, le cœur, les épaules, les bras, les mains, le cou, le visage, le crâne... puis l’unité du corps, et notre présence.

Pour chacun, à son rythme, ces assises sont une invitation à prendre le temps de se poser. S’asseoir au centre de soi-même. Sentir le courant de vie traverser notre chair. Assis dans le silence, les pieds posés sur la terre et relié au ciel. Alors, s’ouvre un autre espace, unique pour chacun.

Assis sur la pierre, se nourrir de la beauté des fleurs. C’est la découverte du socle de la statuaire, un socle qui reçoit l’homme comme le ferait une coupe pour du nectar. C’est une proposition à s’asseoir sur une sculpture, sur une forme qui attire, c’est une invitation à l’essayer, à l’évaluer. La fonction de s’asseoir est promue à la dignité d’œuvre au sens d’œuvrer, par le simple choix de s’accueillir soi-même.

INSPIRATION

Ses créations sont tout d’abord construites à partir de la découverte d’objets naturels ou mathématiques. Œuvres inspirées des formes de la nature, de sa vision de la terre et du ciel, des cristaux de neige, des plantes, des animaux, des figures humaines, et des cercles qui se déploient avec le parcours du soleil, de la lune, des planètes et des étoiles. 

Ces créations répondent aux besoins de «l’homme pressé», en étant une aide et une source d’inspiration. C’est un moyen de se relier à soi. Ou bien, une porte ouverte sur une autre vision du monde. Ou encore, l’expérience de son intériorité, sans intermédiaire. On devient immobile, silencieux et aligné! Tout part d’un centre, notre agitation disparaît, on goûte ce qui se passe en nous... et on vit autrement.

VIVRE & ÊTRE

Depuis son enfance, Patrice Rosso considère que la qualité d’un objet réside dans sa capacité à faire vivre une expérience, et à faire ressentir une sensation. Il parle d’un rapport immédiat à notre environnement, une relation qui engage tout notre être, mettant à l’unisson notre état intérieur et ce qui nous entoure.

Quelles que soient les dimensions et les formes de ses créations, la forme invite à l’expérience et demande à dépasser la stricte matérialité de la sculpture et la cérébralité d’un discours.

Patrice Rosso dit : «j’attends… puis j’entends le dialogue entre les pierres comme dans une sonate, le jeu entre le piano et le violon. Puis, je peux regarder la présence qui vient… ma respiration. À ce moment c’est le «retour» au premier moment de la vie. Plus d’espace et de temps. Seulement contempler… recueillir et semer».